1PRANVILLE Pierre : Fils d'un pionnier de l'aviation française disparu dans l'Atlantique, père de deux chefs de cabine Air France (dont Anne qui est née à Lisbonne), représentant les retraités dans l'Amicale des Anciens: voilà un homme qui respirait AVIATION. L'air toujours sérieux, une pipe qu'il n'abandonnait jamais… Des souvenirs très lointains!

Décédé en 2001.

2JOERG Georges : Habitait à côté de chez-moi, me transportait tous les jours entre l'aéroport et la maison et me donnait beaucoup de conseils, surtout pour ne pas négliger mes études la nuit. Parti de Lisbonne, il m'avait invité à aller chez-lui (du côté de la Tour Eiffel), lorsque j'irais à Paris. Justement, par un affichage dans les locaux de la Compagnie à Orly, j'ai appris sa mort, victime d'un cancer. 

3 - SIX Albert : D'origine polonaise, avec une sœur mariée d'un portugais et habitant Lisbonne, ayant fait la 2e Grande Guerre dans un bombardier de la RAF, Six est parti de Lisbonne grâce à la «démocratie» du temps de Salazar. En effet, après un accident avec un Boeing 707 d'Air France, il s'était permis de critiquer le Service des Pompiers surtout sous le point de vue matériel, dans une lettre adressée à Diário de Notícias. Intervention du Ministre des Affaires Étrangères auprès de l'Ambassade de France et le voilà «invité» à quitter Lisbonne le plus rapidement possible. Resté toujours à Paris, sauf pendant une courte affectation à Dublin. Une thrombose l'a paralysé du côté droit et parlait difficilement. Lui, qui était encore à l'actif, qui aimait tellement faire de la cuisine et de la photo, qui travaillait en même temps pour «Aviation Sans Frontières», qui était instructeur de photographie au Comité d'Entreprise (il avait même un petit laboratoire chez lui), s'est vu du jour au lendemain immobilisé dans une chaise roulante. La dernière fois que je l'ai visité à Paris, je lui ai amené,  à sa demande,  une cassette avec l'enregistrement de plusieurs fados. Je suis «parrain» d'une de ses filles,  née à Lisbonne.

4 MARTY Albert : Venait du Brésil et d'Israël. Aimait chanter l'opéra en plein hall de l'aéroport, la nuit. Grâce à lui, j'ai fait le stage d'opérations qui allait être décisif dans ma carrière. Il m'avait appris tout simplement à remplir des suivis de vol, m'a prêté son appartement à Joinville et me voilà parachuté à Orly avec toutes les difficultés que l'on peut imaginer. Je n'avais jamais touché à un Manuel et il n'y avait pas encore des livrets de formation. Seule possibilité de réussir : un mois, avec moins de 4 heures de sommeil par nuit et le désir d'honorer la confiance qu'il avait en moi.

Il est parti de Lisbonne avant la fin de son affectation à cause d'une maladie très grave aux intestins.

20 ans après, n'ayant plus de ses nouvelles (il habitait dans la banlieue de Toulouse), je lui ai adressé une carte de vœux pour Noël. Serait-il encore vivant ? Quelque temps après, il m'adresse une lettre à laquelle il joignait comme curiosité le faire-part de la naissance de ma fille, qu'il avait gardé comme souvenir. Ce qu'il pensait de moi en 1965 : «Possède une très haute qualification fret ».

Décédé en 2000.

5 CAMPA Paul : Né en Algérie, marié d'une tunisienne et père de deux enfants : Odile qui travaillait à la TAP à Paris et Bernard qui a travaillé à la Varig à Orly.

Grand appréciateur de Fado, il continuait à écouter souvent les disques qu'il a amenés de Lisbonne. Le couple Campa était d'ailleurs ami de la propriétaire (et chanteuse) d'une maison de Fado rua das Taipas.

Resté à Orly après son départ de Lisbonne, il s'est retraité habitant du côté de Fresnes.

Il m'a téléphoné lors de mon départ à la retraite (novembre 2000). Décédé le 24 Avril 2003.

6 REDDAN Gilbert : Je l'ai connu comme instructeur passages à Orly. Son frère Michel travaillait au secteur B 727 à Orly et habitait à Londres

D'origine irlandaise. Après Lisbonne, New York, Londres, Charles de Gaule. Sa femme, entre-temps, travaillait de nouveau à Air France  (elle avait quitté la compagnie pour venir à Lisbonne et New York).

Il voulait me convaincre à revenir au Fret en tant que responsable de ce service (à l'époque, le fret était rattaché aux escales).

Ce qu'il pensait de moi en 1970 : «Travailleur, consciencieux, de l'initiative, de l'autorité, qualités d'instructeur, d'administration».  

7 -  DESCHAMPS Jean-Marc : Venait de Bangkok et Zurich. Après Lisbonne, il est parti à Orly, où il est resté jusqu'à sa mort (encore une victime du cancer). C'est lui qui – le premier – a parlé d'ouvrir un comptoir de ventes à l'aéroport de Lisbonne, comme il l'avait fait en Suisse.

Présent à Lisbonne lors du 25 avril 1974. Pas syndicalisé, n'ayant jamais participé à une grève, il disait néanmoins  que «les grèves étaient parfois nécessaires, car c'était la seule façon de tout pouvoir mettre en cause».

Il aimait bien jouer le football (on a joué ensemble plusieurs matchs) et aussi de m'accompagner au Stade da Luz pour voir le Benfica dans les coupes européennes.

C'est à lui que j'ai dit définitivement que je ne voulais pas revenir au fret. «Vous êtes dans votre droit» - a été sa réponse.

Ce qu'il pensait de moi en 1976 : «Agent sûr, sur qui l'on peut compter en toutes circonstances. Bon contact avec la clientèle».   

8FERRER Marcel : Venait du Brésil et d'Afrique et parlait le portugais.

Après Lisbonne, la préretraite et finalement la paisible retraite dans le Nordeste brésilien.

Au moment du départ, il a offert un livre à chacun des agents de l'escale. Pour moi, «L'Étranger» de Camus et la dédicace de quelqu'un qui a apprécié mon amitié : «Vous ne m'avez jamais considéré comme le titre de cet ouvrage. C'est pour moi le meilleur gage de mon amitié. Toujours loyale. Toujours honnête. Nos repas étaient passionnants et les "sardinhadas" inoubliables».

Ce qu'il pensait de moi en 1997 : «connaissances solides, perspicace et consciencieux, aime le travail bien fait et bien fini, ayant acquis ses connaissances par goût personnel» Et en 1978 : «A un souci très fort de la collaboration dans tous les sens. Très efficace. Cherche constamment à augmenter ses connaissances. Sa discrétion est à souligner car  elle pourrait le pénaliser. Il aime la réussite discrète et effacée. Recherche le dialogue objectif pour convaincre et persuader».

9 DUTARET Jacques : Affecté à Lisbonne, il a passé pourtant quelques mois à Porto avant de venir prendre son poste.

Marié d'une Vietnamienne. Après son départ de Lisbonne, passage par Stockholm et Inspecteur escales pour l'Amérique du Sud, entre autres.

10 - KIEFFER Michel : Certainement pour ne pas oublier sa Côte d'Azur, il a choisi Santo Amaro de Oeiras, face à la mer, pour habiter au Portugal.

Marié d'une Polonaise, toujours gaie et qui aimait bien chanter, en polonais, russe et français.

Encore un Chef d'escale qui avait été au Brésil et qui parlait un peu le portugais.

Retraité à Nice où je l'ai rencontré quelques mois après son départ de Lisbonne.

Ce qu'il pensait de moi en 1984 : «Ponctualité, régularité dans la présence et conscience professionnelle exceptionnelle».

11PETIT Bernard : Passait la vie à courir, seule façon d'avoir le temps de tout faire. Le boulot, avec plus d'une note de service par jour. Étudier le portugais. Visiter un foyer de vieux à l'hôpital St. Louis des Français. L'église française… Le dessin… La photo… Les promenades… Les réunions…

Il ne s'arrêtait que pour déjeuner, mais ça alors était sacré. Il aimait choisir les vins – l'âge, la qualité, la marque…

Il connaissait tout le monde, il parlait à tout le monde. Parmi les meilleurs souvenirs que je garde de son séjour : un cocktail/buffet, qu'il a organisé lors de ma promotion à chef de service / adjoint chef d'escale, avec la présence de «tout le monde» et un voyage à Nice avec les autorités aéroportuaires.

Retraité, vit tranquillement sa nouvelle vie en compagnie de son épouse Bernadette, pas loin de Biarritz. Travaillait volontairement pour les Restos du Cœur.

12 ROULET Bernard : Toujours disponible, toujours prêt à aider, ses qualités et compétence étaient reconnues par tous les gens de l'aéroport. Travaillait beaucoup et déjeunait rarement. Un bolo (gâteau) plus un café double et c'était fait pour la journée. Un seul jour de repos par semaine (et pas toujours). Jouait au golf, allait à la piscine et aimait beaucoup se promener du côté de Quinta da Marinha (Cascais). De temps en temps, un week-end à Lyon. Lecteur assidu de L'Équipe, passionné du rugby et ancien instructeur de ski – modalité qui continuait à pratiquer pendant ses séjours en France.

Ce qu'il pensait de moi en 1994 : «Ses connaissances professionnelles et ses qualités humaines lui permettent d'être reconnu et accepté comme Chef d'escale adjoint tant par le personnel Air France que par le personnel des autres services de l'aéroport. Malgré une déjà très longue carrière, reste attentif à toutes les évolutions du transport aérien, ne ménage ni son temps ni sa peine pour faire partager ses connaissances. Sa vitalité et son état d'esprit sont garants de son activité». Et en 1996 : «Dans l'éventualité d'une localisation du poste de Chef d'escale, le proposons pour cette fonction».

Alors que j'étais déjà désigné comme son successeur, je l'ai massacré pendant des jours et des jours avec des questions sur l'activité de Chef d'escale. Toujours disponible, comme d'habitude, il m'a beaucoup aidé.

Départ pour Abidjan. Je l'ai remplace officieusement depuis le 1er juillet 1996, officiellement depuis le 18/7/1996.

Après Abidjan, affecté à Pointe à Pitre.

13SOUSA Gabriel : Le numéro 13, finalement, m'a porté bonheur. J'ai la conscience du devoir accompli.

Hélas, les tâches administratives augmentant tous les jours, je n'ai pas pu avoir plus de temps pour consacrer aux passagers et aux équipages.

Entre le 18/7/1996 et le 30/11/2000 (date de mon départ à la retraite) se situe, néanmoins, une des périodes les plus riches de toute ma carrière.

Souhaits de  bonheur pour mon successeur TAVARES Pedro (14ÈME Chef d'escale!)