Au début de ma carrière (années 1953/1974) ceux qui travaillaient dans les compagnies d'aviation étaient des privilégiés. Ils pouvaient effectuer des voyages autrement inaccessibles. Pour les portugais, avec un pouvoir d'achat très faible, ce moyen de transport n'était pas encore entré dans les mœurs. Même les émigrants préféraient les chemins de fer pour les voyages plus courts et le bateau pour les voyages intercontinentaux. Pour les portugais il y avait encore d'autres difficultés. La dictature ne permettait pas les voyages à destination des Pays du Leste et, en tant que pays colonial, nous n'étions pas acceptés dans la plupart des pays Africains et Arabes. Je me souviens encore d'une directive selon laquelle les noms du Portugal, d'Israël et d'Afrique du Sud ne pouvaient pas être mentionnés sur des documents ou télégrammes adressés à certains pays.

Tout ceci pour dire que, grâce à Air France, j'ai pu voyager, j'ai découvert nombreux pays, connu d'autres gens et contacté de nouvelles cultures.

Je vais faire un récit très synthétique de quelques souvenirs inoubliables.

En Afrique du Sud, on s'est étonné de l'apartheid et au même temps on a passé avec fierté devant l'hôpital où travaillait Christian Barnard, le premier chirurgien du monde à exécuter une greffe du cœur.

À Bruxelles, j'ai vu de près l'Atomium construit pour l'Expo 1958 et qui allait se transformer dans le symbole de la Belgique.

Au Brésil : la même langue, on se sent chez-soi, on visite des familiers, on voit Rio, on fait des promenades à cheval sur des plages du Nordeste et on prend un ultraléger pour voler au-dessus de Porto Galinhas. Rencontres avec M. Rosário, Chef d'escale à Recife que j'avais connu à Orly, et M. Marcel Ferrer ancien Chef d'escale de Lisbonne, à la retraite près de Fortaleza.

 

Voyage à l'intérieur de la Scandinavie sans utilisation du passeport, ante vision de ce que serait, beaucoup d'années plus tard, l'Espace Schengen. Je me suis trouvé à Stockholm avec tous les hôtels au complet (Championnat du Monde des Sports d'Hiver), deux seuls nuits dans une pension de famille et obligé de prendre l'avion à destination de Copenhague. Regard attentif sur des pays très modernes, développés et disciplinés. Il faisait tellement froid que nous ne pouvions pas articuler des mots, avec les mâchoires bloquées.

 

En Égypte, spectacle «Son et Lumière» devant les Pyramides et la Sphinx de Gizeh. Perdus dans le labyrinthe d'un marché typique. Alexandrie – Le Caire par la route du désert. Bruit infernal dans les rues, mélangé avec des prières.

 

En Espagne : Las Palmas - un free-shop en plein air et des belles plages fréquentées surtout par des citoyens de Europe du Nord. Les gens s'adaptent aux situations et aux besoins : on voyait des jeunes garçons espagnols parlant le suédois. Madrid, Malaga et Barcelone en mission.

 

La France, ma seconde Patrie : Paris des dizaines de fois. Presque toujours hébergé au Quartier Latin. Un réseau de métro qui nous permet des déplacements rapides dans toute la ville et banlieue. J'écrirais des pages et des pages. Peut-être un jour. À Joinville j'ai vécu comme un français. Vilgénis, Nice, (Monaco) et Bordeaux en mission. Tours pour visiter le siège de Touraine Air Transport. Au retour, à chaque embarquement à Orly, achats dans le supermarché «Félix Potin». Choses simples, mais qu'il n'y avait pas encore au Portugal (fromages français, yaourts plus «élaborés», etc.)

 

Lune de miel à Athènes. Hélas on n'avait pas assez d'argent et n'avons pas pu faire de périple des îles. Par contre on a visité toute la ville à pied.

 

Pointe à Pitre en service : Formation Chargement Gros-porteurs. La matinée du jour de départ passée à la plage a été suffisante pour changer la «peau de la tête». Plusieurs bons amis des escales sud américaines (Colombie, Pérou, Équateur) que je n'ai plus revus.

Avec mon épouse à HongKong (restaurant fluctuant) – 1967.

 

HongKong et Macao (deux fois ; la seconde déjà avec ma fille) – Découverte de l'Asie, un continent qui me passionne. Vivre la Révolution Culturelle de Mao, alors que Macao était encore un territoire sous administration portugaise et le Pays était gouverné par une dictature d'extrême droite.

 

Égaré dans le réseau ferroviaire de l'Union Indienne. Train immense qui paraissait un convoi de Gestapo à destination des champs de concentration, des visages impénétrables, des langues inconnues, une alarme que j'ai tiré mais qui ne fonctionnait pas. On voulait aller en direction de New Delhi et on craignait d'aller en direction de Madras. Finalement tout s'est bien passé (ou presque).

À Goa on a écouté à nouveau la langue portugaise. Avons retrouvé nos vestiges et nos coutumes.

À Rome. Dans quelques jours, le service militaire – 1959.

 

Italie où chaque ville est plus belle que l'autre. Rome, Venise, Naples, Capri. Rome moderne et Rome ancienne, les catacombes. Promenade en bateau sous les ponts de Venise. Le Vésuve. (Le Vatican).

La première fois que je suis allé à Rome je me suis trouvé complètement fauché. Même pas de l'argent pour payer le taxi qui m'avait transporté à l'aéroport. Le Chef d'escale M Ogier (ils sont vraiment des hommes à tout faire ces chefs d'escale… Même des actions de bienfaisance…) m'a prêté de l'argent. J'avais 21 ans.

 

Japon (Tokyo, Kamakura et Kyoto). Route via Anchorage – Alaska. À l'arrivée pas d'hôtel réservé. Hébergé dans un hôtel de luxe qui avalerait tout notre budget en peu de jours. Avec l'aide d'Air France, on a pu trouver un autre plus modeste. Voyage de Tokyo à Kyoto en TGV, encore inconnu en Europe.

 

Malaisie (Kuala Lumpur et Malacca). De nouveau, malgré des siècles écoulés, la langue, des noms et des coutumes portugais. Impressionnant.

 

Mozambique avant l'Indépendance. Hébergé chez des oncles. Bains de mer (eau tiède) et cochon de lait, crevettes et bières bien froides à la plage la veille de Noël. Parque de Gorongosa : panne de la voiture au mauvais moment. Un éléphant nous a tout simplement regardé. On a eu de la chance.

 

Santo Domingo et le passeport volé ! - Trouvé par la police, qui m'a conseillé sur le montant que je devais donner à la personne qui l'avait trouvé et «qui reviendrait pour chercher l'argent»…

 

Thaïlande : ses temples colorés, ses plages, le marché fluctuant.

 

Leningrad (maintenant St Petersbourg) et Moscou en 1974. La Place Rouge (le nom me fait penser à Gilbert Bécaud) et les belles stations de métro. Dans l'avion qui nous a transportés de Moscou à Leningrad, des poules se promenaient dans la cabine arrière. Les touristes ont été surclassés ou, au moins, mis dans la cabine avant.

 

New York plusieurs fois. Hébergé en banlieue chez la famille Sulzberger (patrons de notre oncle et fondateurs du «New York Times»). Domaine avec piscines, courts de tennis, terrains de golf et… Une pompe à essence pour faire les pleins des voitures de la maison.

Ville monumentale. Les «Tours» qu'on ne reverra plus.

Les contacts directs m'ont fait modifier, dans le bon sens, l'idée que je faisais du peuple américain.

Avec ma fille à Caracas – Monte Ávila – 1987.

 


Pour que le récit soit à peu près complet, je mentionnerai encore l’Angola, Fort de France, Pays Bas, Îles Maurices, Grande Bretagne, Maroc (en mission), Singapore et Venezuela.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

Cuba en 2001 (déjà à la retraite) avec l’ancien Chef financier M Loureiro et épouse.

Ma femme travaillant encore, je reste pour l’instant dans mon pays, le mois de vacances étant passé en compagnie de mes petit fils que j’adore. On va à Monte Gordo (Algarve), au extrême Sud du Portugal. Climat presque africain.

 

Si j’ai le temps, je reprendrai le chemin !