Brochure éditée par le Service Publicité d'Air France, en Septembre 1980, à l'intention des passagers du Concorde.

On pouvait y lire, dans la dernière page :


«Cher Passager Concorde :

Cette brochure est un fac-similé de certaines pages du Guide du Voyageur Aérien distribué en 1925 aux passagers de la C.I.D.N.A., une des nombreuses compagnies qui sillonnaient déjà la Terre depuis 1919 et l'une des sociétés qui fusionnèrent en 1933 sous le nom d'AIR FRANCE.»


Ci-après, des extraits de plusieurs chapitres qui vous feront peut-être sourire aujourd'hui - 80 ans après sa première publication :


  • L'Aviation Commerciale n'est pas un sport mais un moyen de transport - L'année 1925 a vu le nombre de passagers aériens augmenter considérablement.
  • Quelques remarques à l'usage des passagers avant le départ - Ne manifestez pas d'impatience si le départ n'a pas lieu à l'heure exacte indiquée sur l'horaire. Ce délai, loin d'être l'effet d'une négligence, est dû à un souci qu'a la Compagnie de vous faire voyager dans les meilleures conditions de sécurité possible. D'après les règlements en vigueur, on ne vole pas dans les nuages, et rarement au-dessus. En effet, dans un nuage, un pilote est dans son avion comme un myope au volant d'une auto lancée à pleine allure.
  • Comment vous habiller ?Dans la cabine, vous n'avez à redouter que quelques couches d'air. Habillez vous comme pour un voyage d'auto.
  • Le départ - L'avion va se placer à l'endroit le plus favorable pour s'envoler, c'est-à-dire face au vent. Ce trajet du hangar jusqu'au point du départ, à cause des inégalités du terrain, c'est souvent le parcours le plus cahoté du voyage.
  • Le voyage - L'avion a pris de la hauteur : une centaine de mètres environ. Un virage et le voilà qui prend sa direction et qui met le cap sur le but de son voyage.
  • Durant le voyage - Un voyage en avion, quoique très bref, paraît cependant long, parce que le paysage vu de bord de l'avion, se déroule très lentement. Il faut donc, sous peine de s'ennuyer, occuper ses loisirs forcés mais ne fumez pas ! Un avis affiché dans la cabine vous en prie. Aucun danger sérieux, mais c'est une sage précaution.
  • Vertige et mal des airs - Si les mouvements de l'avion vous inquiètent et si vous ressentez les premières atteintes d'un malaise analogue au mal de mer, ouvrez un hublot ou une fenêtre de la cabine et respirez l'air vif au dehors.
  • L'atterrissage – Votre voisin se penche vers vous pour vous en parler et vous ne l'entendez pas ? Seriez vous devenu sourd ? Rassurez-vous : avalez votre salive à plusieurs reprises pour rétablir à l'intérieur de votre tympan la même pression qu'à l'extérieur et vous recouvrerez l'ouie.
  • Les avantages des voyages aériens – En chemin de fer, le voyageur ne voit pas grand-chose du paysage. Le voyageur aérien, au contraire, embrasse par les hublots de l'appareil qui l'emporte, un panorama splendide. Rapidité et agrément, voici deux avantages incontestables.


«Cher Passager Concorde :

Vous êtes les pionniers du vol supersonique commercial, comme les passagers de la C.I.D.N.A. étaient, il y a 55 ans, les pionniers du voyage aérien commercial !!»

(Septembre 1980)