Béatrice Vialle a été la première femme à avoir piloté un avion de ligne supersonique. beatrice_vialle

Elle a intégré l'ENAC (École Nationale de l'Aviation Civile) après avoir fait maths sup et maths spé à Paris au lycée Fénelon. En 1983, elle avait 23 ans et était la première femme pilote d'Air Littoral. En 1985 elle est entrée à Air France et a rencontré son futur mari, commandant de bord sur Boeing 747.

Pendant dix ans Béatrice a sillonné le monde sur Boeing 727 puis sur Boeing 747. Quand la possibilité d'être qualifiée sur Concorde s’est présentée en 2000, il ne fallait pas laisser passer cette chance.

Habitant le Midi avec son mari et ses deux enfants, elle a logé à Paris pendant trois mois tandis que, côté intendance, son mari assumait tout.

À la phase théorique a succédé l'entraînement sur simulateur et, le 24 Juillet, elle a été reçue à ce premier examen. Elle allait pouvoir enfin décoller pour sa première “ballade” sans passager, lorsque le vol AF 4590 “s’est crashé” sur Gonesse.

En attendant que le supersonique retrouve son certificat de navigabilité, après l'avoir perdu, il n'était pas question pour Béatrice de fermer ses manuels. Elle commencera sa formation “en réel” un certain 11 Septembre 2001. Lorsqu'elle est sortie du cockpit, elle a appris l'attentat du World Trade Center...

Après plusieurs vols “hors ligne” (dix décollages et atterrissages !) elle a enchaîné enfin le 19 Novembre avec une traversée transatlantique aux côtés d'un commandant instructeur.

Mais elle était aussi une épouse et la maman de deux enfants. Elle partageait son temps entre la maison, un mas dans le Midi, joliment restauré, l'école, le tennis, le golf et, quatre ou cinq fois par mois, s'envolait pour New York son unique destination. Béatrice Vialle a effectué en tout 35 allers-et-retours avant l'arrêt définitif de la ligne. Bientôt le Concorde devenait une pièce de musée (futuriste)… À l’heure actuelle (2008), d’après ce que nous croyons savoir, Béatrice est commandant de bord sur Boeing 747.

(Adaptation/actualisation d’un  article de Françoise Gastou, publié dans “Présence” - 1er trimestre 2002, archives de Noël Bonnet)