Quelque soit son nom, le pétrole, l'essence, le super, le diesel, le kérosène, le carburéacteur si indispensable aux Compagnies aériennes, n'a pas fini de défrayer les rubriques économiques et politiques des médias de la planète. Voici quelques facettes mineures, plus quotidiennes, peut-être oubliées, de sa tumultueuse histoire.

Edwin_DrakeUn peu d'étymologie et d'histoire: pétrole, du latin petra, la pierre et olleum, l'huile: l'huile de pierre donc, connue depuis l'antiquité, ne devient l'“or noir” qu'à partir de 1858, lorsque l'ingénieur Edwin Drake, fore à Titusville Pennsylvanie, le tout premier puits d'où jaillit le liquide noirâtre qui devait permettre de construire des fortunes colossales. Peu de temps auparavant, en 1855, un chimiste américain du nom de Silliman, en mettant au point le processus de distillation du pétrole avait “inventé” l'essence, qu'on utilisait alors comme... détachant.

La course au pétrole, provoquée par la soif dévoreuse d'énergie du développement industriel aux États-Unis et en Europe, allait donner naissance à de gigantesques industries de recherche, de forage, de raffinage, de stockage et de distribution, notamment pour alimenter les réseaux grandissants de transports routier, ferroviaire, fluvial et maritime.

Au début de son ère, le pétrole était stocké et transporté dans des cuves plus ou moins volumineuses, ce qui rendait malaisée son utilisation courante, qui obligeait à des transvasements pénibles et dangereux.

En France, avant le premier conflit mondial, le remplissage des réservoirs des automobiles, camions, autobus, se faisait à l'aide de bidons et d'entonnoirs. Les premières pompes à essence, n'arrivèrent qu'en 1917 dans les bagages du corps expéditionnaire américain. Un réseau national se constitua rapidement.

Certains d'entre nous se souviennent sûrement, d'avoir vu, enfants, le garagiste actionner vigoureusement le long bras de la pompe, pour faire monter dans deux cylindres de verre transparents, le précieux liquide rosé qui moussait.

L'électricité devait rapidement remplacer les muscles du pompiste. Le bidon n'était pas condamné pour autant.

Les Allemands inventèrent au début de la seconde guerre mondiale, un récipient nanti de trois poignées qui permettaient de charrier, seul ou à deux, environ 20 litres de carburant.

Pas de pompe automatique dans l'Afrika Korps... Copié sans état d'âme par les alliés, il allait poursuivre, sous le nom de “jerrican”, littéralement: le “bidon à Jerry” (le surnom donné par les Anglais aux soldats allemands), une carrière universelle.

L'essence de qualité supérieure, le “super”, n’a fait son apparition à la pompe que le 12 février 1950.

Un décret officiel a fixé le degré d'octane et les caractéristiques précises de ce carburant aux performances très supérieures et nettement plus cher.

Au début des années 50, concentrations dans l'industrie pétrolière: la marque TOTAL, créée par lacrise_petrole Compagnie française de raffinage pour unifier son réseau de stations-service, apparaît en 1953. Puis le groupe ELF: Essence et Lubrifiants Français, a fédéré en 1967, sept marques différentes dont CALTEX et AVIA.

On se souvient de la fameuse campagne de publicité: «les ronds rouges arrivent» qui, en une seule nuit, a réussi à apposer dans 1400 stations-service à travers tout le territoire, le sigle ELF tenu secret jusqu'alors et qui apparaissait dans d'énormes disques rouges.

Nous sommes déjà dans l'ère de l'après pétrole. Il faudra bien, en effet, trouver un ou des substituts à une ressource non renouvelable. Des pistes intéressantes sont déjà ouvertes par les chercheurs des grands pays consommateurs et producteurs. Seule certitude: on est encore bien loin de mettre un point final à cette longue histoire.

(Adaptation d’un article de Jean Mauriès, publié dans “Présence” n° 147 - Décembre 2006, archives de Noël Bonnet, photos de Google)