PIERRE LATÉCOÈRE

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Pierre-Georges Latécoère, entrepreneur français, un homme emblématique des débuts de l'aviation commerciale et en particulier de la poste aérienne, est né à Bagnères-de-Bigorre le  25 août 1883.

Il est né sous le signe de l’industrie, étant fils de Jeanne-Marie Pujol et de Gabriel Latécoère. Ce dernier a fondé une scierie en 1864 dans Bagnères, une petite ville de moins de 10 000 habitants, et a été directeur de l’usine de menuiserie mécanique générale Latécoère fondée en 1872. Depuis, l’entreprise familiale n’a cessé de prospérer. À la fin du  XIXe  siècle, elle employait 150 ouvriers et rapportait, avec d’autres placements fructueux, plus de 50 000 francs-or par an. Cette entreprise vendait sur catalogue des parquets, des boiseries, des charpentes et des décors de toutes sortes pour des écoles, des gares et des casernes. Son père est décédé en 1905 et sa mère, avec une énergie peu commune, a pris dès lors la responsabilité des affaires.

Après de brillantes études au Collège de Bagnères et au Lycée Saint Louis à Paris, Pierre-Georges a été reçu à l’Ecole des Arts et Manufactures. Il a fini sa formation à l'École Centrale en 1906, reprenant l'entreprise familiale qui fabriquait désormais du matériel roulant pour la Compagnie des Chemins de Fer du Midi. Pendant la Première Guerre Mondiale, il a été affecté à l'artillerie.  Au bout de quatre mois, son général a estimé qu’il rendrait plus de service à son pays à la tête d’une industrie que derrière un canon. Il fabriquera alors à Toulouse, des obus de gros calibre, et à Bagnères, des cuisines roulantes. Mordu par le démon de l’Air, il va

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ajouter une nouvelle branche à son activité : la construction d’avions. Il a obtenu en 1917 la commande de 1 000 avions Salmson et en livrera 800 avant l’Armistice.  Il crée à Montaudran, près de Toulouse, dans le temps record de sept mois, une usine et un terrain d’aviation. Le premier avion sortit des ateliers en mai 1918.

Encore en 1918, Latécoère a imaginé une ligne aérienne reliant la France au Sénégal en passant par l'Espagne et le Maroc. Ce projet fut soumis au Sous-secrétaire d’Etat de l’Aéronautique, le 7 septembre. Il fallut vaincre le scepticisme et les réticences qui accueillirent cette idée qui consistait en faire traverser des continents, des montagnes, le désert de sable et l’Atlantique, malgré la pluie et la tempête , avec des appareils minuscules dotés d’un seul moteur à rayon d’action de 500 kilomètres et dont les ailes étaient entoilées comme des cerfs-volants. Pierre Latécoère avait confiance dans la Ligne et il le prouva en payant lui-même de sa personne. En décembre, avec le pilote Cornemont, il effectua au-dessus des Pyrénées le trajet de Toulouse à Barcelone. Le 9 mars 1919, avec 1e pilote Lemaître, il franchit la distance de Toulouse à Rabat avec escales à Barcelone, Alicante et Malaga. Il a porté au Maréchal Lyautey, qui l’a reçu

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sur le champ d’aviation, le journal “Le Temps” arrivé le matin à Toulouse et un bouquet de violettes à la Maréchale.  C’est ainsi qu’il a fondé la Compagnie Générale d'Entreprises Aéronautiques, qui crée puis exploite les lignes Toulouse-Casablanca, Casablanca-Dakar (via Agadir, Cap Juby, Villa Cisneros, Port-Étienne et Saint-Louis) et Rio-Recife au Brésil. C'est chez Latécoère que Mermoz, Saint-Exupéry et Guillaumet ont fait leurs premiers vols.

L'entreprise concourt également, au lendemain de la Guerre, à la naissance et au développement de l'aviation postale. Celle-ci s'opère grâce au courage de ses premiers pilotes, véritables pionniers de l'aviation, considérés à l'époque comme des héros. En effet, dans les années 1920, chaque vol était une aventure risquée qui pouvait être fatale. Le quotidien et les exploits de ces pilotes nous sont rapportés par Antoine de Saint-Exupéry — lui-même pilote de l'Aéropostale — dans son roman “Vol de nuit” qui décrit un vol postal en Amérique du Sud.

Dès cette époque, il a envisagé de créer une liaison aérienne régulière entre Toulouse et Casablanca. Il réalise ce projet en 1919, malgré l'opposition du gouvernement espagnol, peu disposé à laisser survoler son territoire. Cette ligne allait fonctionner régulièrement et le courrier postal partit de France dès septembre 1919. Le succès que remporta la Ligne fût tel qu’elle sera empruntée par un roi, deux ministres français et un maréchal. Elle avait comme pilotes, des hommes héroïques : Daurat, qui était chef d’exploitation, Reine, Mermoz, Saint-Exupéry, Guillaumet et tant d’autres... dont certains payèrent de leur vie la régularité du courrier. Il fallait pourtant aller plus loin et franchir les 2 800 Kilomètres qui séparaient Casablanca de Dakar à travers le désert et le Rio de Oro. Les Lignes Aériennes Latécoère se prolongèrent jusqu’à Dakar le 5 mai 1923 et un service postal régulier entre Toulouse et Dakar fonctionna à partir du 31 mai 1925. Les tribus maures posaient des difficultés : elles capturaient les aviateurs contraints à un atterrissage forcé sur leurs territoires et ne les rendaient que contre de fortes rançons.

En 1923, Pierre Latécoère a reçu la Grande médaille de l'Aéro-Club de France pour avoir contribué aux progrès de l'aviation. Dès 1925, ses avions survolaient le Brésil, l’Uruguay et l’Argentine.  Entretemps, il avait créé les liaisons Alicante-Oran, Marseille-Barcelone et Marseille-Alger. En novembre 1926, il embarque à Bordeaux à destination de l’Amérique du Sud où il reçut un accueil triomphal.

Un souffle nouveau agitait néanmoins l’atmosphère de l’aéronautique et les techniciens durent céder la place aux hommes de haute finance : la Compagnie Générale d’Entreprises Aéronautiques, créée en 1921 par Pierre Latécoère, fût cédée à un consortium de banquiers.

Pierre Latécoère continua, à Montaudran, la fabrication d’avions qui battirent des

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records mondiaux et, en mai 1930, Jean Mermoz - sur un hydravion Laté 28 - effectua la première liaison postale aérienne Saint Louis – Natal (Brésil) à travers l’Atlantique Sud.

Grand industriel, Latécoère a disposé un temps d'une usine de 26 000 m2 qui fournissait l'Aéropostale. Il se passionne et construit aussi des hydravions de gros tonnage.

 

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La compagnie Latécoère existe encore aujourd’hui et fournit des éléments d'aérostructures pour cinq grands constructeurs aéronautiques mondiaux : Airbus, Boeing, Bombardier, Dassault Aviation et Embraer.

Pierre Latécoère a reçu la Légion d'honneur française: chevalier (1920), officier (1923) et commandeur (1925). Entre les décorations étrangères qu’il a reçues, on peut citer l’Ordre du Ouissam El Alaouite du Maroc : officier (1919), commandeur (1922) ; et l’Ordre de Léopold de Belgique, officier (1921). Il est décédé à Paris le 10 août 1943.

         Source : Wikipédia et www.latecoere.com/