ALPHONSE PÉNAUD

alphonse_penaud

Charles-Alphonse Pénaud, ingénieur français, inventeur et précurseur de l'aviation, est né à Paris le 31 mai 1850. Décédé aussi à Paris le 22 octobre 1880. Il a inventé des jouets, un modèle réduit d'avion, le Planophore, propulsé par un moteur caoutchouc, ainsi que des hélicoptères à hélices et des Ornithoptères. En 1876, il a breveté avec Paul-Élie Gauchot les plans d'un hydravion muni d'un train d'atterrissage rétractable.

Il était entré à l'École navale mais, en jouant, il a reçu un coup de balançoire. Soigné comme coxalgie à la hanche, son mal a évolué vers une tuberculose osseuse. Désormais obligé de se déplacer avec des béquilles, il a du renoncer au métier d'officier. Grâce à sa formation et à sa passion des mathématiques, il s’est tourné vers la navigation aérienne.

En avril 1870, il a présenté plusieurs modèles réduits d’hélicoptères qui s'élevaient à plus de 15 mètres, faisaient du surplace et planaient inclinés en décrivant des cercles. Il s'agissait d’un hélicoptère à deux hélices bipales contrarotatives, une au-dessus et l'autre en dessous de l'appareil. Il avait été créé à partir d'une machine à vol vertical du physicien mécanicien François Bienvenu (1758/1831) et du naturaliste Christian de Launoy, qui avait été présentée à l'Académie des Sciences de Paris le 28 avril 1784. C'était un appareil de 60 cm muni de deux rotors en plumes d’oie. Cet appareil était motorisé par un ressort (une ficelle enroulée autour d'un axe et attachée à un arc précintré). Quand l'arc se détendait, il libérait l'énergie emmagasinée en déroulant la ficelle, qui actionnait les rotors en sens inverse. Pénaud a simplifié le système moteur en le remplaçant par du fil de caoutchouc tordu. L'hélicoptère à moteur caoutchouc était né.

Au Jardin des Tuileries, le 18 août 1871, il a fait voler, en présence de représentants de la Société aéronautique de France, un aéroplane motorisé, le Planophore, un monoplan de 45 cm d'envergure pesant 16 g,

planophore

muni d'une hélice bipale arrière de 21 cm de diamètre actionnée par un moteur caoutchouc (par la détorsion d'une lanière en caoutchouc), d'une queue stabilisatrice et d'ailes à profil cambré. Moteur remonté à 240 tours, il s'est envolé à une vingtaine de mètres en hauteur, a volé et a atterri après avoir parcouru 60 mètres en 13 secondes. C'est un des tout premiers avions motorisés capables de voler (portance suffisante) montrant une stabilité de vol.

En septembre 1872, il a fait voler de “petits oiseaux artificiels”, en employant comme moteur du caoutchouc tordu. Les ailes battaient dans un même plan par l'intermédiaire de bielles et d'une manivelle. C’étaient

ornithoptere

les premiers Ornithoptères. Par la suite, pour plus de solidité, il a fait construire un mécanisme d'acier, imaginé par son frère Eugène Pénaud et par le mécanicien Claude Jobert, et a présenté le nouvel oiseau à la Société aéronautique de France. Cette même année, il est devenu archiviste à la Société, qui deviendra la Société française de navigation aérienne en 1873. Un autre modèle est présenté en octobre 1874. Il effectuait à la fois le vol ascendant vertical et les vols ascendants oblique et horizontal déjà obtenus.

Le 11 juin 1875, il partage les récompenses pour le Grand Prix des Sciences

croce_spinerllii

mathématiques, ayant pour sujet “donner une théorie mathématique du vol des oiseaux”, avec l'équipe Crocé-Spinelli et Hureau de Villeneuve et reçoit la somme de 2 000 francs remise par l'Académie des Sciences. Le 2 juillet, les appareils sont présentés avec succès à la Société de Physique.

De 1873 à 1876, il a été rédacteur dans “L'Aéronaute”, bulletin mensuel illustré de la Société française de navigation aérienne (fondé en 1870 et dirigé par le Dr Abel Hureau de Villeneuve), où il publie de nombreux ouvrages. Le 26 janvier 1876, il démissionne du poste d'archiviste de la Société et de celui de membre du comité de rédaction de “L'Aéronaute”, pour raison de santé.

abel_hureau_de_villeneuve

Au cours du 3ème  trimestre 1875, il était devenu membre associé de la Société des ingénieurs civils de France.

Le 17 février 1876, Alphonse Pénaud et Paul-Élie Gauchot, ingénieur mécanicien, ont déposé une demande de brevet pour un “Aéroplane ou appareil aérien volant”. Il a été délivré le 8 avril par arrêté du ministre de l'agriculture et du commerce. L'aéroplane était un monoplan biplace à nacelle étanche, avec deux hélices quadripales (une sur chaque aile), un train de roues rétractable et des gouvernails, ainsi que des instruments de navigation. C'était le premier appareil amphibien. Alphonse Penaud voulait le réaliser en grand et le piloter.

Une autre demande de brevet déposée en janvier 1878 portait sur l'emploi de l'hydrogène solidifié dans la navigation aérienne.

Étant adepte du “plus lourd que l'air” et passionné du vol, il a orienté quand même des recherches vers le ballon, sans cesser toutefois ses études sur l'aviation. Il a effectué le premier voyage aérien de Crocé-Spinelli et Sivel le 26 avril 1873, avec Jobert et le Dr. Félix Pétard à bord du ballon Étoile polaire, où d'intéressantes observations météorologiques et physiologiques ont été faites. Il a inventé des instruments d'aide à la navigation : un appareil à faire le point; un baromètre à membrane de caoutchouc; un “trace-route” pour marquer les points sur les cartes; etc.  

Pénaud cherchait un financement pour la construction de ses projets et a demandé une aide à la Société française de navigation aérienne, qui a refusé. En 1880, il s’est tourné vers Henri Giffard (qui avait construit en 1852 le premier dirigeable), pour obtenir un soutien, mais celui-ci ne l'a pas aidé. C'était un balloniste, il ne croyait pas au “plus lourd que l'air”…  

Accablé de douleurs physiques et morales, il a mis fin à ses jours le 22 octobre 1880, d'un coup de révolver. Il n’avait que  30 ans. Auparavant, il avait fait livrer tous ses dessins techniques, rangés dans un petit cercueil d'enfant, chez Henri Giffard. Celui-ci se suicidera, également, deux ans plus tard.

Dans un testament olographe, en date du 12 juin 1880, Charles-Alphonse Pénaud avait légué à l'Académie des Sciences : 6 000 francs pour un prix, décerné tous les deux ou trois ans, destiné à celui qui aura fait le plus progresser la question de la locomotion aérienne, soit par les ballons, soit par l'aviation ; 5 000 francs pour la recherche des poisons, leurs effets et contre-poisons ; et 3 000 francs pour la recherche sur les greffes. Soit un total de 14 000 francs. Après concertation avec la famille, la commission administrative a proposé à l'Académie la somme de 3 000 francs consacrée, conformément aux souhaits du défunt, à un prix “unique relatif à l'aviation”. L'Académie a accepté.

 Source : Wikipédia