HENRY POTEZ

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Henry Potez, né à Méaulte le 30 septembre 1891, fut - avec Marcel Bloch (Dassault) - l'inventeur de l'hélice aérienne Potez-Bloch qui, à partir de 1917, équipa la majorité des avions alliés.

Après des études primaires dans sa commune natale, il a poursuivi sa formation à l’école professionnelle d’Albert. Passionné d’aviation, il entre à l’École Duvignau, puis à l’École nationale supérieure de l’aéronautique (aujourd'hui E.N.S.A.E. ou Supaéro), dont il sort ingénieur en 1911, en compagnie de Marcel Dassault.

Mobilisé en 1914, il est affecté au service technique de l'aéronautique et, dès 1916, à vingt-cinq ans, il prouve ses capacités d'ingénieur et d'organisateur en créant avec Marcel Dassault la société Hélice Éclair, qui devient rapidement l'un des plus grands producteurs d'hélices de la Première Guerre Mondiale. C'est le véritable départ de sa longue vie d'industriel. Avant même la fin de cette guerre, en 1916, il a fondé la Société d'études aéronautiques, qui réalise le biplace de combat SEA-4 dont la construction en série est lancée en 1918. L'armée, intéressée après la construction du quatrième exemplaire, a passé une commande de 1 000 avions. Le 11 novembre 1918, le premier avion est sorti d'usine : seuls 100 seront livrés.

En 1919, il crée sa société qui, entre les deux guerres, fabriquera de nombreux avions et hydravions. Initialement implantée en Seine-Saint-Denis, la société Aéroplanes Henry Potez s'installe à Méaulte près d'Albert dans la Somme, sur une superficie de 25 000 m2. Il y fait aussi construire un aérodrome. Sa société deviendra entre 1920 et 1934 l'usine aéronautique la plus moderne et la plus importante du monde. Son talent d'ingénieur lui permet en effet de concevoir une gamme complète d'appareils, allant des avions de tourisme à ceux de transport commercial, des avions de chasse, de bombardement et d'observation aux hydravions, et de construire de nombreux types de moteurs. En 1923, il rachète l'entreprise d'Alessandro Anzani qui fabriquait les moteurs équipant les avions des frères Caudron. Plusieurs appareils connurent un succès important comme les Potez 25, 39, 54, 62 et 63. En 20 ans, 7 000 appareils sont sortis de ses chaînes de fabrication dont 4 000 Potez 25, en 87 versions, exportés dans dix-huit pays.

Le Potez 25était conçu sur des bases entièrement nouvelles : ailes simplifiées, train

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d’atterrissage à jambes télescopiques, possibilité d’utiliser tous les moteurs 400 et 550 CV…

Le 13 juin 1930, un Potez 25 a traversé la Cordillère des Andes avec Henri Guillaumet. Ce type d’avion a été utilisé jusqu’à fin  1943. En 1933, la société a racheté le fabricant d'hydravions CAMS.

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Un Potez 53 piloté par Georges Detré a remporté la Coupe Deutsch de la Meurthe en 1933 avec 322,8 km/h. La même année, un Potez 506 bat le

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record du monde d’altitude avec 13 661 mètres, aux mains du pilote Georges Lemoine. Les avions de tourisme Potez obtiennent aussi un grand succès : ce sont les premiers avions de tourisme modernes de grande série.

Le 7 août 1936, le Front populaire nationalise l'aéronautique. Les usines Potez de Sartrouville et Méaulte sont reprises par la SNCAN (Société Nationale de Construction Aéronautique du Nord) dont Henry Potez devient directeur, tandis que l'usine de Berre est rattachée à la SNCASE.

Au moment de la déclaration de guerre, l’usine de Méaulte fournit un

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millier de Potez 63 à l’armée française. L’Armée, ayant un besoin urgent d’avions de reconnaissance performants, Potez propose le type 63-11 qui équipera la plupart des unités de reconnaissance en 1940. Louis Coroller, son second d’alors, créé le Potez 670/671 à ailes elliptiques dont les prototypes sont abandonnés en 1940 suite à l’offensive allemande.

Suite aux sommes perçues grâce à la nationalisation, Potez - avec Marcel Dassault et Abel-François Chirac (père de Jacques Chirac) - leur banquier - réinvestissent dans la finance en fondant la Banque Commerciale de Paris. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il s'installe au Domaine du Rayol à Rayol-Canadel-sur-Mer en zone libre.

Après la Guerre, la société Potez renaît à Argenteuil sous l'appellation Société des Avions et Moteurs Henry Potez, mais elle ne joue plus le rôle majeur qu'elle jouait avait la nationalisation.

En 1955, le prototype d'avion civil court-courrier à 4 turbopropulseurs, le P-840, est sa dernière réalisation. Potez ne trouve pas de clients : seulement 10  exemplaires sont construits. Le P-840 est en concurrence avec Sud-Aviation SE 210 Caravelle qui fait son premier vol le 13 mai 1955. La société doit donc fermer ses portes. Les derniers actifs sont rachetés par Sud-Aviation en 1967.

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À Aire-sur-l'Adour, pourtant, l'entreprise Potez Aéronautique, créée il y a plus de 80 ans, existe toujours,  spécialisé dans la fabrication de pièces primaires et l'assemblage de sous-ensembles pour le civil (80 %) et le militaire (20 %).

Certains aspects des volumes de production et de la numérotation des avions Potez sont méconnus, à la suite de la disparition du registre de sortie d'usine et d'une partie des archives des bureaux d'études. Les caractéristiques d'un même avion peuvent varier entre le prototype et la machine de série, selon les essais effectués par le constructeur (avion préparé et poussé sans ménagement) ou les services d'état (équipement de bord complet et essais selon des conditions de service courant).

Parallèlement à ses activités professionnelles, Henry Potez avait entamé

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une carrière politique d’élu local. Maire de Méaulte de 1928 à 1940, il succède en novembre 1930 à Émile Leturcq au poste de conseiller général du canton d’Albert sous l’étiquette radicale socialiste. Il conserve ce mandat jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, puis de 1949 à 1961. Il sera également maire d’Albert de 1947 à 1959. Décédé à Paris le 9 novembre 1981 à 90 ans.

À Albert, le stade municipal porte son nom : stade Henry Potez (il y avait fait construire une piscine découverte aujourd'hui désaffectée). À Méaulte (Somme), le Lycée professionnel de l'usine Stélia porte aussi le nom d'Henry Potez.

Source : Wikipédia