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FRÈRES WRIGHT

Les frères Orville Wright (19 août 1871 / 30 janvier 1948) et Wilbur Wright (16 avril 1867 / 30 mai 1912) sont deux célèbres pionniers de l'aviation nord-américaine, à la fois chercheurs, concepteurs, constructeurs et pilotes.

Après des vols de mise au point sur planeurs, ils ont effectué - en 1903 - le premier vol motorisé contrôlé d'un avion. Ils se sont distingués de leurs prédécesseurs et de leurs contemporains par leur approche analytique et expérimentale du problème.

Leur contribution essentielle sera d'avoir correctement analysé la mécanique de vol du virage et d'avoir réalisé, en 1902, les premiers vols contrôlés grâce au couplage de la gouverne de direction et du gauchissement (obtenu par vrillage) des ailes. Maîtrisant le pilotage, ils ont effectué - en 1903 - le premier vol motorisé et, en 1905, les premiers vols pouvant être qualifiés de “stables”, de longue durée, avec des virages inclinés et non dérapés.

Cependant, leur obsession du secret autour de leurs machines et de leurs capacités à

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réaliser un vol motorisé contrôlé (qu'ils maintiendront presque totalement jusqu'à l'obtention de brevet d'invention en 1905) entraînera un scepticisme général, en particulier en Europe, quand ils ont commencé à communiquer en 1905, tout en exigeant un contrat commercial ferme avant toute démonstration. Ceci explique le décalage de plusieurs années entre les premiers vols contrôlés de 1905, à l'écart de tous spectateurs dans les dunes de Virginie, et les vols publics de 1908 où leur maîtrise du pilotage a été reconnue. Consacrant toute l’énergie à protéger leur invention et à des luttes de brevets, ils ne remettent pas en cause la configuration atypique de leur machine (configuration canard, pas d'ailerons, pas de roues, hélices à l'arrière), qui sera considéré obsolète en 1910 et ne sera pas poursuivie.

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Les frères Wright étaient originaires de Dayton dans l'Ohio, où ils possédaient un atelier de bicyclettes. En relation avec Octave Chanute, ils ont réalisé en 1899 un planeur à échelle réduite de type cellulaire (biplan à haubans) et, innovation majeure, muni d'un contrôle du gauchissement de la voilure.

Ce planeur a été essayé en vol comme un cerf-volant, “piloté” depuis le sol. Dès le début, et suivant les recommandations de Chanute, les frères Wright ont compris l'importance et la nécessité de l'expérimentation et du contrôle (du pilotage) de la machine.

En 1900, ils ont réalisé un planeur de plus grande dimension (5,30 mètres d'envergure), capable de porter un pilote. Ce planeur, qui comportait alors une gouverne de tangage placée à l'avant, a été essayé d'abord en cerf-volant, puis piloté pour la première fois le 20 octobre

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1900.Ces essais en vol plané amènent des modifications : pour mieux planer, l'envergure est augmentée à 6,70 m. Pour étudier le profil qui convenait à la portance des ailes, ils ont construit la première soufflerie dans leur atelier dès 1901. D'autres essais, la même année, ont montré la nécessité d'augmenter encore l'envergure (9,75 m) et d'installer une gouverne de direction, disposée à l'arrière, pour contrôler la trajectoire. Avec ce planeur modifié, ils arrivent à maîtriser la trajectoire de vol de leur planeur et effectuent - en 1902 - environ sept cents vols planés, d'une longueur de 150 à 200 mètres. Bien que cela soit rarement souligné, la “pilotabilité” de ce planeur représente en fait l'avancée majeure des frères Wright au début de l'aviation.

Capables de concevoir et de réaliser une machine qui vole et maîtrisant le pilotage, ils se sont attaqués alors au problème de la propulsion et ont construit dans leur atelier leur propre moteur et les hélices. Leur premier vol motorisé s’est déroule à Kitty Hawk, en Caroline du Nord, le 17 décembre 1903, avec l'appareil baptisé Flyer.

L'année suivante, avec un nouvel appareil au pilotage également difficile, le Flyer II, ils sont parvenus à effectuer des virages. Orville Wright effectue, le 20 septembre 1904, le premier vol en circuit fermé de l'histoire.

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Les premiers essais ne sont pas satisfaisants, mais après une mise au point de plusieurs mois, le succès arrive : le Flyer III de 1905 vole mieux et effectue un vol record de 39 minutes. Conscients de leur réussite et pour protéger les droits sur leur invention, les frères Wright n'ont convié aucun témoin ni journaliste pour attester la réalité du vol motorisé contrôlé et n’ont pas communiqué ni plans, ni photos. En 1906 et 1907, les frères Wright se sont consacrés à la gestion de leur affaire et plus aucun vol n'est réalisé, dans l'attente de l'octroi d'un brevet d'invention. Cette discrétion, volontairement entretenue par les frères Wright, fera que beaucoup de gens pourront de bonne foi douter des possibilités réelles du Flyer. Les Wright devront par la suite procéder à des vols de qualification exigeants, lorsqu'ils démarcheront des clients pour vendre leur invention.

Prenant des contacts avec l'US Army en 1908, ils vont pouvoir montrer leur savoir-faire avec un modèle plus puissant et biplace. Orville réalise des démonstrations de plus en plus spectaculaires sur le site de Fort Myer (Virginie), emportant un passager à plusieurs reprises. Un incident (rupture d'une hélice) va avoir une conséquence tragique : le 17 septembre 1908, son avion s'écrase, le passager, Thomas Etholen Selfridge, est tué et Orville est gravement blessé.

En même temps, un contrat est conclu avec la Compagnie générale de navigation aérienne de Lazare Weiller, pour un accord de licence sur le Flyer, sous réserve de performances et de formation de trois pilotes. Wilbur a transporté un Model A en France et, installé au Mans depuis le 15 juin, l’a fait voler à partir d'août 1908, notamment aux Hunaudières.

Le Flyer vole le 8 août aux Hunaudières, en présence d'une centaine de personnes dont Louis Blériot et René Gasnier, membres de l'Aéro-Club de France, et au Camp d'Auvours, près du Mans, où il est hébergé par les frères Amédée et Léon Bollée. Parmi les personnes qui assistaient aux vols : Paul Cornu et Ponton d'Amécourt, inventeurs de l'hélicoptère, Simon Lake, inventeur des sous-marins, etc. En octobre, on remarquera dans l'assistance les aviateurs Henri Farman, Léon Delagrange, Robert Esnault-Pelterie et René Gasnier. Les frères Wright ont également effectué un de leurs premiers vols en avion au camp d'Auvours à Champagné (Sarthe).

L'aviateur Ernest Zens sera le premier passager français de Wilbur Wright au Camp d'Auvours (15 septembre 1908). Paul Tissandier, présent au Mans pendant trois semaines, sera son compagnon de bord le 28 suivant : «C'est vraiment à n'y pas croire», dira-t-il,  «Les détracteurs des frères Wright changeraient immédiatement d'avis s'ils pouvaient, comme moi tout à l'heure, s'envoler dans cet admirable engin.».

Deux élèves-pilotes français ont commencé leur formation sur le Flyer dès l'automne 1908 au Camp d'Auvours avec Wilbur Wright. Il s'agissait du comte Charles de Lambert et du capitaine Lucas-Girardville du Parc Aérostatique de Chalais-Meudon. La formation progressant lentement à cause de conditions aéro-météorologiques défavorables au Mans à l'automne 1908, Wilbur Wright accepte la proposition du Comité d'aviation de Pau de poursuivre les vols sur la lande du Pont-Long près de Pau, là où les conditions aérologiques hivernales sont généralement favorables comme l'attestent les relevés (effectués par le Dr Meunier depuis plusieurs années) qui lui sont présentés. Le premier janvier, l'aviateur américain commence ses préparatifs de départ, le Flyer sera démonté et expédié à Pau. Rejoint par Orville convalescent suite à son accident de Fort Myer, Wilbur organise la reprise de ses démonstrations en janvier 1909 à Pau. Il reprend ses vols le 3 février 1909 au Pont-Long, où il jette les bases de l'école de pilotage en poursuivant la formation de leurs élèves Charles de Lambert et le capitaine Lucas-Girardville, auxquels s'ajoute Paul Tissandier qui débute. Au début de mars 1909, à

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Pau-Pont Long, l'aviateur américain achèvera la formation de Paul Tissandier, auquel les frères Wright transmettent la responsabilité de l’École de pilotage Wright. Après le départ définitif des frères Wright (Wilbur quitte la France le 24 mars 1909), l’École Wright continuera son activité jusqu'en 1910 sous la direction de Paul Tissandier. Celui-ci, à son tour, emmènera son premier élève, l'aéronaute et aviateur René Gasnier, d'Angers, qui obtiendra son brevet de pilote aviateur le 8 mars 1910. Paul Tissandier formera également sur appareil Wright A le capitaine Albert Etévé, le capitaine Largier et le comte E. Malynski.

Le 13 novembre 1908, Wilbur Wright gagne le prix de la hauteur de la Sarthe dépassant facilement les 30 mètres imposés, en atteignant 45 puis 60 mètres d'altitude. Le 31 décembre 1908, Wilbur Wright vole une dernière fois à Auvours pendant 2 h 20 min 23 s, couvre une distance de 124,7 km et remporte la Coupe Michelin.

Après d'autres démonstrations en Italie, les frères rentrent aux États-Unis en mai 1909 et fondent la Wright Company. Mais leur conception n'a pas beaucoup évolué. Elle est maintenant dépassée. Les frères Wright devront modifier leurs modèles.

Wilbur Wright est mort de la typhoïde en 1912. En 1915, Orville vend la Wright Company, fondée en 1909, à des investisseurs de New York. Elle fusionnera plus tard avec la Glenn L. Martin Company pour former la Wright-Martin. Elle subsiste actuellement dans la Curtiss-Wright Corporation. Orville Wright fut lauréat de la Médaille Franklin en 1933. Il décède en 1948.

En mémoire de ces deux pionniers de l'aviation, les studios Disney ont appelé Wilbur et Orville deux albatros des dessins animés “Les Aventures de Bernard et Bianca” et “Bernard et Bianca au pays des kangourous”.

En collaboration avec la cité de Kitty Hawk (USA), ville où les frères Wright ont réalisé leur premier vol, la ville de Coulaines, en Sarthe, a édifié une réplique du hangar qui servit à la fabrication du Flyer pour le centenaire du premier vol de ce dernier. Ce hangar, situé sur le site sportif de la commune, sert au club sportif de roller.

Les frères apparaissent dans le film “Le Tour du monde en quatre-vingts jours” de Frank Coraci. Ils font partie des personnalités dont John Dos Passos a écrit une courte biographie, au sein de sa trilogie “U.S.A.”.

Source : Wikipédia