JEAN ASSOLLANT

 

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Jean Charles Abel Bernache Assollant, aviateur et pionnier de l’aviation française, est né à Versailles le 26 septembre 1905. Décédé le 7 mai 1942. Il est célèbre pour sa participation comme pilote au vol de l’Oiseau Canari en 1929, marquant la première traversée française de l’Atlantique Nord.

Dès son plus jeune âge, il aspirait à une vie de voyages et d'aventures. Après ses études au Mans, il est devenu marin, officiant d'abord comme simple matelot, puis comme élève-officier de la marine marchande sur un cargo de l'Atlantique-Sud. Il a quitté cependant la marine en 1924, désireux de rejoindre l'aviation. Il s'est engagé à 19 ans dans l'aéronautique militaire et a passé son brevet de pilote à Istres. Il est alors affecté à la 5ème escadrille de chasse du 34ème régiment du Bourget. Volontaire pour participer aux opérations au Maroc, lors de la guerre du Rif, Jean Assollant a effectué de nombreuses missions de reconnaissance, ce qui lui a valu de recevoir la Croix de Guerre, la Médaille Coloniale et le grade de sergent, avant de revenir au 34ème régiment.

Il a commencé ensuite à effectuer de nombreux raids. En 1927, il accomplit - avec le commandant Pierre Weiss - un parcours de 8 000 km à travers l'Europe, jusqu'en Russie. Sa tentative de raid France-Indochine en 1928 s’est soldée par un échec, avec un accident en Turquie.

Jean Assollant ne s’est pas découragé et a envisagé même un projet

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plus ambitieux encore : la première traversée de l'Atlantique Nord. Le ministère de l'Air lui a confié un monomoteur Bernard 191GR acheté par Armand Lotti, surnommé Oiseau Canari. Cet appareil monoplan à aile haute, équipé d'un moteur Hispano-Suiza 12Lb de 600 cv, pouvait atteindre 245 km/h.

Il tente une première fois la traversée avec cet appareil, le 6 septembre 1928. Décollant de Dugny, il rencontre cependant de très mauvaises conditions climatiques et est contraint à l'abandon. Il se détourne donc vers Dakar, se posant finalement à Casablanca. Il rencontre dès lors d'importantes difficultés et préfère quitter l'armée de l'Air, pour rejoindre New York, d'où il souhaite rééditer sa tentative.

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Le 13 juin 1929, à 10h18, Jean Assollant, René Lefèvre et Armand Lotti décollent de la plage d'Old Orchald, près de Boston. Ce décollage se montre particulièrement difficile, à la grande surprise des trois hommes. Jean Assollant, ne parvenant pas à prendre de l'altitude, commence à envisager un nouvel abandon, lorsqu'un passager clandestin, le premier de l’histoire de l’aviation, apparait à l'arrière de l'appareil. Le jeune américain (Arthur Schreiber) est amené à

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l'avant de l'avion afin de rééquilibrer ce dernier, ce qui permet, au grand soulagement de l'équipage, de continuer la traversée. Cette initiative contraint cependant Assollant et ses équipiers à jeter à la mer une partie du matériel embarqué, afin de ne pas alourdir l'appareil.

Les mauvaises conditions climatiques au dessus de l'Océan conduisent à une déviation vers le Sud. L'Oiseau Canari atteint les côtes d'Espagne le 14 juin et se pose à 20h42 sur la plage de Comillas, près de Santander, dans la province de Cantabrie, après un vol de 29 heures et 22 minutes. L'équipage redécolle le 16 juin pour Cazaux, puis le Bourget, où il reçoit un accueil triomphal. Jean Assollant recevra la Légion d'Honneur, qui lui est remise par son père, le colonel Assollant. Il reçoit également la médaille d'or de l'Aéroclub de France. Les trois hommes entament alors une tournée à travers l'Europe sur l'Oiseau Canari.

Il se consacre ensuite à établir de nouveaux records. Il effectue un vol en ligne-droite Oran-Karachi de 6 600 km en 36 heures ; puis réalise la première liaison aérienne France-Madagascar en 1934 : il décolle le 14 juin avec un SPCA 18, effectue des escales à Tripoli, Benghazi, Le Caire, puis arrive le 14 juillet à Tananarive, où il décide de s'installer.

Devenu pilote de ligne, il œuvre d'abord à la Franco-Roumaine. Nommé chef-pilote à Madagascar, Jean Assollant travaille à la mise en place d'une liaison régulière France-Madagascar. Il raccorde d'abord le réseau malgache à la ligne britannique Imperial Airways (Londres-Le Cap), puis à Elisabethville au Katanga (aujourd'hui Lubumbashi en République démocratique du Congo), d'où le courrier peut être acheminé une semaine sur deux vers Alger, puis Paris. Il exprime cependant le souhait d'instaurer une liaison directe France-Madagascar hebdomadaire.

Nommé le 9 février 1938 chef du service de l'Aéronautique Civile Malgache par le gouverneur Léon Cayla, Jean Assollant s'attache d'abord à organiser le réseau intérieur de l'île, mais n'a guère de temps pour se consacrer à ses projets.

Volontaire en 1939 contre l’Allemagne nazie, il a intégré le Groupe de chasse III/6. Du fait de ses états de service précédents dans l'armée de l'Air et de ses fonctions civiles importantes, il est affecté à l'état-major de

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ce Groupe de Chasse. Son poste de commandant en second du GC III/6 lui vaut de ne réaliser qu'un nombre restreint de missions, intervenant uniquement lors de quelques sorties sur Morane-Saulnier 406 pour la couverture et l'escorte de bombardiers.

Le 10 juin 1940, le Groupe reçoit ses premiers Dewoitine 520, des chasseurs exceptionnels. Le 15 juin 1940, une patrouille décolle en alerte. Pierre le Gloan,

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Jean Assollant et le capitaine Jacobi se portent au devant d'un groupe d'appareils italiens. Jacobi rencontrant des problèmes mécaniques, Le Gloan et Assollant doivent continuer seuls. Les deux hommes parviennent à repérer les douze Fiat CR-42 signalés et à se placer en situation favorable. Assollant et Le Gloan abattent chacun un Fiat CR-42, avant que la formation italienne ne découvre leur présence. Les armes de Jean Assollant s'étant enrayées, il doit également retourner au terrain, tandis que Pierre Le Gloan abat trois autres appareils au cours de la même sortie. Jean Assollant est crédité des deux premières victoires, acquises en collaboration avec Le Gloan.

Après l'Armistice, il est démobilisé et retourne à Madagascar réintégrant ses fonctions antérieures. L'île se trouve alors totalement isolée : plus de réseau maritime et plus aucune aide de la métropole pour entretenir les avions. Il parvient cependant à faire remettre en état de vieux appareils, véritable prouesse sans matériaux de rechange. L'île de la Réunion étant également isolée, Jean Assollant inaugure une ligne Tananarive-La Réunion sur Caudron Goéland le 9 décembre 1940.

L'opération britannique “Ironclad”, aboutissant à l'invasion de Madagascar, a été lancée le 5 mai 1942. Trois vagues de six torpilleurs Swordfish attaquent les navires français y étant stationnés. Le croiseur “Bougainville” et le sous-marin “Bévéziers” sont coulés, et l' “Aviso d'Entrecasteaux” sévèrement touché. Le 6 mai, Jean Assollant reçoit l'ordre de rejoindre le Groupe Aérien Mixte basé à Ivato, rassemblant quelques Morane-Saulnier MS.406 et Potez 63, bien faible défense pour Madagascar.

Le 7 mai, Jean Assollant est abattu et tué à Diego Suarez, aux commandes d'un Morane-Saulnier MS.406 (immatriculé 995) de l'Escadrille de Chasse N°565, lors d'un affrontement avec une patrouille triple de Grumman Martlet de la Fleet Air Arm. Il a été inhumé à Ambohipo, près de Tananarive. Avec lui, c'était une des figures majeures de l'aviation française qui disparaissait.

Jean Assollant avait épousé en premières noces une jeune américaine, Pauline Parker, rencontrée à New York treize jours seulement avant leur mariage, mais il s’était divorcé peu après et s’était remarié avec Suzanne Vigaud en 1934.

 Source : Wikipédia et http://www.aviation-ancienne.fr/