RENÉ HANRIOT

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René Hanriot, pilote automobile, pionnier de l'aviation et industriel français, est né à Vaite le 11 juin 1867. Décédé à Carrières-sur-Seine  le 7 novembre 1925.

Négociant à Châlons et passionné d'automobiles, il a participé en 1903 à la course Paris-Madrid, mais il a été contraint à l'abandon. L'année suivante, il a établi un record de vitesse sur route fermée en atteignant les 128 km/h. Son coéquipier n'était autre que son fils Marcel qui, âgé de treize ans seulement, conduisait les voitures de son père à plus de 100 km/h. Toujours en 1904, il s'est imposé à la côte de Doullens au nord d'Amiens sur Clément-Bayard et il a disputé les Éliminatoires Françaises de la Coupe Internationale Bennett (de même qu'en 1905), ainsi que le circuit des Ardennes sur Clément-Bayard (y obtenant une deuxième place en 1906 sur Darracq 120HP). En 1907, il a été quatrième du circuit des Ardennes, troisième de la Coppa Florio et encore troisième de la Coppa Velocita di Brescia, le tout sur Benz. En 1908, il a terminé quatrième du Grand Prix des États-Unis avec la Benz 150HP. Il a participé au Grand Prix automobile de France en 1906 (sur Darracq 120HP), 1907 (sur Darracq), 1908 (sur une Benz qui lui a permis d'obtenir une troisième place), et 1912 (sur Lorraine-Dietrich).

En mai 1908, Hanriot a commandé à Levavasseur un monoplan Antoinette équipé d'un moteur 25 ch. Comme, à la fin de l'année, le monoplan n'était toujours pas livré, impatient, René Hanriot a décidé de fabriquer son propre appareil. C'est ainsi qu'il a fondé, en février 1909, la Société des monoplans Hanriot, au capital de 500 000 francs. C'était un hangar à Châlons qui lui servait à la fois d'atelier et de bureau. En septembre 1909, le Hanriot type I est sorti de l'atelier et il a été exposé au premier salon aéronautique qui s’est tenu au Grand Palais à Paris. Hanriot y a enregistré vingt commandes, alors que l'avion n'avait jamais volé. En octobre, avec son fils, il réalise des essais à Bétheny, mais l'appareil ne décolle pas : son moteur, un Buchet 45 ch de 155 kg, est trop lourd. Il en déniche un autre, de 40 ch, chez Clément-Bayard, un moteur qui ne pèse que 78 kg. Le Clément-Bayard développe en fait 50 ch, ce qui permet à Hanriot de pouvoir procéder à plusieurs vols d'essai durant

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l'hiver 1909/1910.

Hanriot a créé une école de pilotage à Bétheny (près de Reims) en décembre 1909, puis à Londres en janvier 1910 où il a fondé la société The Monoplans Hanriot Company Ltd. Au début de l’année 1910, il a installe son siège social à Paris, au 14, place du Havre, et crée des ateliers plus vastes à Paris au 34, rue du Moulin. Prudent, il a recruté un aviateur expérimenté, Émile Ruchonnet, pour développer ses machines volantes. Il lui sert à la fois d’ingénieur et de chef pilote dans son école de l’air.

En quelques mois, Hanriot et Ruchonnet ont réalisé un nouveau monoplan, le type II, plus léger. Baptisé Libellule, il a volé à Bétheny en avril, équipé du Clément-Bayard de 40 ch. Puis, ils créent un troisième type de monoplan, plus puissant, destiné aux compétitions. Le type IV, un biplace, a intéressé l’armée. Le type V et le type VI sont utilisés par Marcel Hanriot dans les meetings en 1910.

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Au cours de la saison 1910, les monoplans Hanriot, pilotés par Wagner (Budapest), Marcel Hanriot (Rouen, Caen, Dijon, Reims, Bournemouth), René Vidart (Lanark) et plusieurs pilotes étrangers, se couvrent de gloire dans les meetings aériens. Ils remportent nombre de places d’honneur et plusieurs victoires, faisant connaître la marque française dans le monde entier, et faisant entrer dans les caisses de la firme des primes substantielles. Plus de cent appareils Hanriot sont achetés en France et en Grande-Bretagne. Les écoles de Reims et de Brooklands étaient très fréquentées et la saison 1911 s’annonçait encore meilleure.

Pourtant, en 1912, alors qu’il voulait se lancer dans l'exportation, il a commis diverses erreurs de gestion qui ont conduit la société vers la faillite. Elle est reprise par Alfred Ponnier, un amoureux des monoplans Hanriot, et devient la Société de Construction de Machines pour la Navigation Aérienne (CMNA). Hanriot se recycle dans la vente des automobiles Grégoire.

Quand la guerre éclate, en août 1914, les usines Ponnier de la CMNA à

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Reims tombent aux mains des allemands. René Hanriot crée une nouvelle usine d’aviation, à Levallois, rue du Bois Marcel (actuellement rue Jean-Jaurès) où il fonde Aéroplanes Hanriot et Cie. Il produit, en 1916, des Sopwith 1½ Strutter, en sous-traitance pour Lioré et Olivier. En 1915, il avait engagé un excellent ingénieur, Pierre Dupont.

En 1916, le Hanriot-Dupont HD-1 est adopté comme appareil de chasse par la Belgique et l’Italie. Construit à 1 200 exemplaires, il a relancé la

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marque. À la fin de l’année, Hanriot ouvre une seconde usine au 84, rue des Moulineaux à Boulogne-Billancourt qui va employer 2 000 ouvriers en 1917. Cette même année, sortent l’hydravion de chasse Hanriot-Dupont HD-2, puis le biplan de combat Hanriot-Dupont HD-3. À la fin de 1917, la firme Hanriot avait produit plus de 5 000 avions.

Après la guerre, Hanriot s’est installé à Paris, au 190-196, boulevard Bineau. En 1919, une école de pilotage est installée sur le terrain de Mourmelon-le-Grand, dirigée par Maurice Chevillard. René crée une école de mécaniciens de l’aéronautique à Courbevoie. En 1924, la Société Hanriot émigre à Carrières-sur-Seine, où René Hanriot meurt subitement l’année suivante.

Son fils Marcel (1894/1961) lui a succédé en 1925 et en resta directeur jusqu’en 1938. L’usine, devenue très importante, avait été nationalisée en 1936 et absorbée par la Société nationale de constructions aéronautiques du Centre. Résistant et officier de la Légion d’honneur, Marcel Hanriot avait été à 16 ans le benjamin de l’aviation mondiale

Source : Wikipédia