LIONEL DE MARMIER

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Alexandre Léonel Pierre, dit Lionel de Marmier, pilote militaire et civil, officier français, est né à Bellegarde-en-Marche le 4 décembre 1897 Décédé dans un accident aérien entre Alger et la France le 30 décembre 1944.

Résistant, figure des Forces aériennes françaises libres, fondateur, le 24 septembre 1941, de la prestigieuse unité Groupe de bombardement Lorraine, il est avant tout l'organisateur des lignes aériennes militaires reliant, de 1941 à 1944, le Moyen-Orient et les territoires d'Afrique rattachés à la France libre.

Né d'un père descendant des ducs de Marmier, François Raynald de Marmier, et d'une mère creusoise, Marie Adèle Picaud, il a eu deux frères et une sœur. Son père, officier dans l’infanterie, a été tué au front le 25 août 1914. Ses frères ont servi dans l’aviation. L’un, au cours d’un combat en 1915, a eu un pied arraché et est mort quelque temps après des suites de ses blessures. L'autre a été tué lors d'un combat aérien en 1916.

Lionel de Marmier a été mobilisé en 1916, à l'âge de 18 ans, pour servir

SPAD_S XII

dans l'aviation. Il atteint le rang d'As de la Première Guerre Mondiale avec six victoires aériennes homologuées, plus trois non homologuées. Il a été affecté successivement aux escadrilles 112e, 176e et 81e. Il a partagé avec son ami Fernand Henri Chavannes l'un des rares SPAD S.XII, avion embarquant un canon.

D'octobre 1919 à juin 1930, il a été pilote d'essais chez Nieuport, pilote de ligne à la Compagnie Franco-roumaine de Navigation Aérienne puis pilote d'essais chez Potez. Il a œuvré aussi à l’Aéropostale de 1930 à 1933.

En 1934, Lionel de Marmier a été nommé inspecteur des lignes puis affecté comme chef pilote d'essais à la direction générale d'Air France, chargé de la réception des nouveaux matériels. De 1936 à 1938, il a pris une part active à la Guerre d'Espagne, aux côtés des Républicains espagnols, pour lesquels il transportait du personnel et livrait du matériel et des vivres.

Lionel de Marmier a été aussi un passionné d'automobile. Entre 1923 et 1927, il a participé, sur des Salmson, à des courses et des grands prix (dont les 24 heures du Mans) en France, en Grande-Bretagne, en Belgique et en Espagne, entre autres pays.

Caudron C,714

Mobilisé en septembre 1939 dans le groupe aérien des transports militaires, en tant que commandant de réserve de l'Armée de l'air, Lionel de Marmier a refusé cette affectation désirant reprendre dans la chasse le poste qu'il occupait en 1918. Sur Caudron C.714, il remporte deux nouvelles victoires aériennes, en abattant deux avions allemands au-dessus de Villacoublay, puis une troisième quelques jours plus tard à Étampes. Refusant l'armistice, il est passé en Angleterre le 27 juin 1940. Il a été le premier officier supérieur de l'armée de l'air à rallier les Forces françaises libres.

Lionel de Marmier a formé un premier groupe de combat, le 12 août 1940. Appelé G.C.1 (Groupe de combat no 1), il était formé de 4 escadrilles. Le Général de Gaulle, le 15 août 1940, lui a confié la charge de convaincre les autorités de Dakar, au Sénégal, que l'Afrique occidentale française devait rejoindre la France libre et continuer le combat contre les forces de l'Axe. L'opération de Dakar ayant échoué, le G.C. 1, baptisé “Menace”, a débarque à Douala (Cameroun) le 23 septembre. Lionel de Marmier a rencontré alors Philippe Leclerc de Hauteclocque qui venait de rallier le Cameroun à la France libre. Du 1er au 11 novembre 1940, le G.C. 1 a assuré des missions de mitraillage et de bombardement contre les points fortifiés de Libreville (malgré un télégramme officiel venant lui interdire au dernier moment cette opération) et de Port-Gentil. Le Gabon se rallie enfin à la France libre. Les avions du G.C. 1, regroupés à Fort-Lamy avec ceux de trois escadrilles du groupe TOPIC, forment le G.R.B. 1 (Groupe réservé de bombardement no 1) à partir du 25 novembre. Le 25 novembre 1940, Lionel de Marmier est nommé chef d'état major des Forces françaises libres au Moyen-Orient.

En janvier 1941, il a créé une base de départ à l'oasis de Ounianga-Kébir d'où sont parties les missions de bombardement des positions italiennes de Koufra, les 2, 5 et 10 février 1941, appuyant ainsi la marche du Général Leclerc. Le Lieutenant-colonel de Marmier a été désigné par le Général de Gaulle, le 22 mars 1941, pour organiser les unités de chasse et de bombardement situées au Moyen-Orient. À cet effet, il est nommé Adjoint Air du général Catroux au Caire. Le Général de Gaulle désirant regrouper tout le personnel disséminé dans les unités britanniques sous la cocarde française, Lionel de Marmier a replié le personnel et le matériel du G.R.B. 1 à Damas, le 13 août 1941. Le 24 septembre 1941, il a fondé alors le Groupe “Lorraine” (le G.R.B. 1 devient le Groupe de bombardement no 1 “Lorraine” (G.B. Lorraine). Au printemps 1941, malgré le désir de Lionel de Marmier de commander une unité engagée, le Général de Gaulle lui a confié la tâche très importante d'organiser les lignes aériennes militaires françaises (LAM), avec l'objectif de relier le Moyen-Orient aux territoires présents en Afrique-Équatoriale française et en Afrique-Occidentale française, rattachés à la France libre. En dépit des difficultés et du manque de matériel et de personnel, les LAM commencent à fonctionner dès la fin 1941. Ce système de transport prend alors une importance considérable, par le transport de personnels, de matériels et de vivres qu'il permet. Lionel de Marmier en est nommé directeur en 1943.

Le 15 mars 1942, Lionel de Marmier avait été nommé colonel et, en 1943, il recevait à Alger les félicitations du Général de Gaulle. Le 7 août 1943, le gouvernement de Vichy le fait condamner à mort, à la dégradation militaire et à la confiscation de tous ses biens par le tribunal maritime permanent de Toulon, pour crime de trahison. À la Libération, il a atterri en France et a accompagné le Général de Gaulle à Paris. Lors de la descente des Champs-Élysées, le protocole l’a placé au même rang que les généraux. Du 24 novembre au 16 décembre 1944, il fait partie de la mission Paris-Moscou qui préparera le pacte Franco-Russe entre Staline et de Gaulle.

Le 30 décembre 1944, Lionel de Marmier a trouvé la mort en plein ciel et

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est disparu en mer, à l'âge de 46 ans, dans l'avion bimoteur Lockheed Lodestar qui le ramenait d'Alger en France. Les circonstances de l'accident n'ont jamais été élucidées.

Après sa mort, Lionel de Marmier a été promu général de brigade aérienne à titre rétroactif.

 

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«Mort pour la France» en service aérien commandé, Lionel de Marmier, commandeur de la Légion d'honneur (1936), titulaire de la Médaille militaire (1918) et de la Croix de guerre 1914-1918 avec neuf palmes et une étoile, reçut à titre posthume la Médaille de l'Aéronautique (25 juin 1945) et la Médaille de la Résistance (31 mars 1947). 

Son nom a été donné à l'hydravion Latécoère 631, à la base aérienne 101 Toulouse-Francazal, ainsi qu'à la promotion 2010 de l'École de l'air. 

Source : Wikipédia