SOPHIE BLANCHARD

 

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Marie Madeleine Sophie Armant Blanchard est née à Trois-Canons, commune d'Yves, près de La Rochelle,  le 24 mars 1778. Décédée à Paris le 6 juillet 1819. Ministre d'Empire, veuve du célèbre aéronaute Jean-Pierre Blanchard, elle fut la première femme aéronaute professionnelle, avec 67 ascensions heureuses, ainsi que la première femme à périr dans un accident aérien lorsque le ballon, d'où elle lançait des feux d'artifice, a pris feu dans les airs, à Paris, au-dessus des jardins de Tivoli.

En 1804, à l'âge de 26 ans, elle a épousé le pionnier de l'aérostation Jean-Pierre Blanchard, qui était également le premier aérostier professionnel au monde, et a fait sa première ascension en ballon.

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Le couple étant acculé à la faillite, Sophie Blanchard a décidé de devenir la première femme aérostière professionnelle, en espérant qu'un tel évènement attirerait suffisamment de monde pour résoudre leurs problèmes financiers.

Elle n'est pas la première femme aéronaute, le marquis de Montalembert ayant emmené sa femme la marquise de Montalembert, la comtesse de Montalembert, la comtesse de Podenas et mademoiselle de Lagarde en tant que passagères pour un voyage en ballon captif au-dessus de Paris le 20 mai 1784. Elle n'est pas non plus la première femme à faire un vol en ballon à gaz, ce privilège étant revenu à Élisabeth Thible le 4 juin 1784. Elle a été cependant la première femme à piloter son propre ballon et la première à embrasser la carrière d'aérostier.

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En 1809, son mari a fait une crise cardiaque en plein vol et est tombé de son ballon. Il est décédé de ses blessures. Sophie Blanchard poursuit les présentations de vol libre, se spécialisant dans les vols de nuit.

Elle a mené des expériences avec des parachutes, lâchant des poupées depuis son ballon, et s'amusait de temps à temps à larguer des paniers chargés de feux d'artifice accrochés à de petits parachutes.

Elle utilisait un ballon à gaz rempli d'hydrogène qui, outre le fait qu'il lui permettait d'emporter sensiblement plus de poids, lui évitait d'avoir à maintenir une source de chaleur comme pour les montgolfières.

Elle est devenue une favorite de Napoléon Bonaparte, qui l’a nommé ministre en 1804, pour succéder à André-Jacques Garnerin. Elle aurait alors envisagé des plans pour mener une invasion de l'Europe en ballons.

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Le 24 juin 1810, elle a fait une ascension sur le Champ-de-Mars à Paris à la demande de Napoléon Bonaparte, pour accompagner la Garde impériale dans la célébration de son mariage avec Marie-Louise d'Autriche. Elle en a fait une nouvelle pour la “Fête de l'Empereur” à Milan, le 15 août 1811. À la naissance du fils de Napoléon, elle a effectué un vol au-dessus de Paris et a répandu des ‘faire-part de naissance’ sur la ville.

Elle s'est attiré également les faveurs de Louis XVIII pendant la Restauration, qui lui a donné le titre d'aérostière officielle de la Restauration.

Célèbre dans toute l'Europe, elle a donné de nombreuses représentations en Italie. En 1811, elle a voyagé de Rome à Naples en faisant un arrêt à mi-parcours et une ascension à plus de 3 600 mètres. La même année, elle a été forcée d'effectuer une ascension pour éviter un orage près de Vincennes, ce qui lui a fait perdre conscience et réaliser un vol de plus de 14 heures 30. Elle a traversé les Alpes en ballon, souffrant d'un saignement de nez à cause de l'altitude et a manqué de se noyer en 1817 après avoir failli atterrir sur un terrain inondé.

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Le 6 juillet 1819, elle a fait une ascension au-dessus des jardins de Tivoli pour lancer un feu d'artifice depuis son ballon. Un léger accrochage avec les arbres, lors du vol, déplace malencontreusement les fusées à son insu et lors de la mise en feu, certaines d'entre elles ont mis feu à l'enveloppe du ballon rempli d'hydrogène. Le ballon a commencé alors à descendre doucement mais a heurté le toit d'une maison de la rue de Provence, ce qui renverse la nacelle et éjecte Sophie Blanchard, qui s'écrase dans la rue. Malgré les soins prodigués, elle décède dix minutes plus tard, s'étant brisé la nuque. Dostoïevski, dans “Le Joueur” (1867), a fait allusion à ce drame.

Après sa mort, la population de Paris a fait une quête pour la construction d’un monument en sa mémoire qui est localisé au Cimetière du Père-Lachaise.

Source : Wikipédia