PIERRE SATRE

 

pierre_satrePierre Henri Satre, ingénieur français du domaine aéronautique, concepteur de l’avion de ligne Sud-Aviation SE 210 Caravelle, est né à Grenoble (Isère), le 4 mai 1909. Décédé à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) le 12 juillet 1980.

Après ses études au lycée à Marseille, Pierre Satre a intégré l’École polytechnique en 19291 et en sort diplômé en 1931. Puis il est rentré à l’École nationale supérieure de l’aéronautiqueSup ‘Aero ») dont il sort diplômé en 1934. Entretemps, il a effectué son service militaire en 1931/1932 à Avord où il est breveté pilote et observateur aérien.

Ingénieur de l’Air, il commence sa carrière au Centre d’essais du matériel aérien (CEMA) de Villacoublay où il est plus spécialement chargé des avions légers et commerciaux. Il passe ensuite au Service technique de l’aéronautique, à la section « Avions de chasse » en tant qu’officier de marque de la dernière génération d’avant-guerre : Morane-Saulnier MS.406, Bloch MB.152, Dewoitine D.520 et Arsenal VG 332, jusqu’en mars 1941.

 

se210_caravelleIl entre alors à la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Est (SNCASE), à Toulouse, en zone libre, comme chef du bureau d’études. Avec Robert Castello, il étudie de nombreux projets :

- il poursuit l’œuvre d’Émile Dewoitine avec le D.582, un développem du Dewoitine D.520 ;

- un planeur biplace côte à côte ;

- après la Libération, un chasseur embarqué dont les trois prototypes ne purent voler, faute de livraison des moteurs prévus ;

- un curieux appareil de tourisme, l’aile volante SE.2100 qui se présentait comme un avion sans queue équipé d’une hélice propulsive, qui a volé pour la première fois le 4 octobre 1945 ;

 

douglas_dc-9- un avion de liaison quadriplace entièrement métallique, le SE.2300, qui vole pour la première fois le 26 octobre 1945. Il donne naissance à un dérivé à train d’atterrissage tricycle, le « SE.2310 », dont le premier vol a eu lieu le 13 décembre 1945.

Son premier grand programme a été le quadrimoteur long courrier SNCASE SE.2010 Armagnac qui a effectué son premier vol le 2 avril 1949 mais ne fut construit qu’à 9 exemplaires. Cet avion répondait au souci de l’aviation française de s’imposer sur le marché international. Malheureusement, l’industrie manquait encore de moyens et il n’existe pas vraiment de structure commerciale adaptée à une telle ambition.

 

boeing_727Pierre Satre s’est lancé ensuite dans des projets particulièrement innovants :

- un avion d’attaque au sol révolutionnaire, le SNCASE SE.2410 Grognard à deux réacteurs superposés, et l’armement placé dans un conteneur sous le fuselage, qui a effectué son premier vol le 30 mai 1950. Cet avion et son dérivé (SE.2415) resteront au stade de prototype ;

- un chasseur à aile delta, le SNCASE SE.212 Durandal, qui a volé pour la première fois le 20 avril 1956. Mais il restera au stade de prototype car l’armée de l’air lui préfèrera finalement le Mirage III produit par Dassault Aviation.

 

caravelle_silence_vibrationsAu début des années 1950, le Secrétariat général à l’Aviation Civile et Commerciale émet des spécifications pour l’étude d’un appareil moyen-courrier à réaction. Pierre Satre était à Paris quand il apprend cela. Il est rentré à Toulouse dès le 28 octobre 1951 et, avec une équipe réduite, se met immédiatement au travail.

Pour répondre à ce programme, Pierre Satre conçoit avec André Vautier le SE.210 qui sera baptisé « Caravelle ». Le prototype a décollé pour la première fois le 27 mai 1955, avec le pilote d’essai de la SNCASE Pierre Nadot aux commandes. Cet avion biréacteur affichait, selon ses différentes versions, un poids total de 43 à 58 tonnes, une capacité d’emport de 60 à 130 passagers sur des étapes de 1 500 km à 3 000 km, à une vitesse de croisière de 775 km/h à 825 km/h. L’appareil se distinguait par la position de ses réacteurs à l’arrière du fuselage. Le souci de sécurité avait incité les ingénieurs à éloigner au maximum les réacteurs du carburant emmagasiné dans les ailes. Ainsi, tout risque d’incendie était pratiquement impossible. De plus, cela donnait aux ailes la pureté aérodynamique d’un planeur et favorisait les performances.

Quatre ans après le premier vol du prototype de « Caravelle », le premier moyen-courrier à réaction français est entré en service le 15 mai 1959. Il avait obtenu son certificat de navigabilité (CDN) français et américain en avril. L’appareil a effectué, le 16 avril 1959, un vol plané de Paris à Dijon : le commandant Guibbert a décollé d’Orly sur un seul réacteur, atteint l’altitude de 13 500 m à la verticale de la capitale, et amorce une descente en vol plané vers Dijon, parcourant les 265 km en 50 minutes, malgré de très mauvaises conditions météo : nuages, pluie, neige… Le 26 avril il effectue le tour des capitales européennes dans la journée.

 

societe_aerospacialeLa formule des réacteurs accolés au fuselage fera école dans le monde entier et séduira même la concurrence puisque Douglas l’adoptera même pour son biréacteur Douglas DC-9 tandis que Boeing l’adaptera au triréacteur Boeing 727. Jusqu’en 1973, « Caravelle » qui fut construite en 282 exemplaires, en neuf versions différentes, fut le symbole du savoir-faire aéronautique français. Elle fut vendue à 35 compagnies aériennes dans 27 pays. Avion robuste, « Caravelle » était aussi « l’avion le plus confortable du monde », par le silence qui y régnait. En 1962, le cent-onzième exemplaire de Caravelle a été baptisé « Grenoble », du nom de la ville natale de son ‘père’.

Directeur technique de la division avions à la Société Aérospatiale qui succéda à la SNCASE, Pierre Satre prendra ensuite part au programme de l’avion supersonique Concorde.

Il quitte ses fonctions en 1974 et décède six ans plus tard, à l’âge de 71. Il est inhumé au cimetière du Vésinet (Yvelines), près d’où il résidait.

Distinctions reçues :  Commandeur de la Légion d'honneur ; en 1960, l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace (AJPAE) lui décerne le prix Icare ; en 1965, le Prix du Centenaire du Crédit Lyonnais lui est décerné par l’Académie des Sciences.

Source : Wikipédia