ÉMILE TRAIN

emile_trainLouis Émile Train, communément appelé Émile Train, pionnier de l’aviation, est né à Saint-Étienne (Loire) le 22 octobre 1877. Décédé à Villemomble (Seine-Saint-Denis) le 10 octobre 1939.

Louis Émile est né du mariage de Jean Baptiste Train, mécanicien, et de Juliette Émilie Claire Hélie, sans profession.

Après des études à l’École pratique d’industrie de Saint-Étienne, Émile Train a travaillé durant quatre ans auprès de son père en qualité de mécanicien et s’est consacré très tôt à la moto ainsi qu’à l’automobile où il a travaillé chez De Dion-Bouton. Installé en 1902 à Courbevoie, il a conçu son premier moteur de moto. Il entreprend plusieurs voyages en France et en Europe durant lesquels il perfectionne ses compétences en mécanique. Il construit des distributeurs automatiques qu’il brevète. Le succès était là et il a fait fortune.

Dès 1909, il s’oriente vers l’aviation. Il s’installe au camp de Châlons-sur-Marne où il crée un atelier. Il construit rapidement son avion « 1 », entièrement métallique. Il adopte la formule monoplan, avec un centre de gravité bas, qu’il conservera sur les modèles suivants. Il progresse très vite. Moins de quinze jours après avoir construit son avion, il obtient son brevet de pilote - le 9 août 1910, sous le numéro 1674.

train_«1»Il peut alors prétendre participer aux manifestations les plus importantes de l’époque. Ainsi, le dimanche 21 mai 1911, à 5 h du matin, plusieurs centaines de milliers de parisiens se pressent sur le terrain d’aviation d’Issy-les-Moulineaux, pour assister au départ de la course aérienne Paris-Madrid 1911, organisée par le “Petit Parisien” et qui serait remportée par Jules Védrines, resté seul en lice, sur un avion Morane.

Au moment des envols, survient toutefois un drame qui va endeuiller la France. Émile Train, en difficulté avec le moteur du monoplan de sa fabrication, décide de revenir se poser sur la piste à l’instant précis où un peloton de cuirassiers la traverse. Pour éviter les cavaliers, il essaye de virer, mais comme il expliquera après le drame, le moteur faiblissait de plus en plus et ne lui permettait plus d’effectuer de virage : « je redressais l’appareil et tentais d’aller atterrir au-delà du peloton. Je fis l’impossible pour prolonger mon vol ; j’allais y arriver lorsque l’appareil, complètement cabré, s’abattit lourdement sur un groupe d’officiels ».

paris_madrd_1911Maurice Berteaux, ministre de la Guerre, est mort sur le coup, un bras sectionné par l’hélice, tandis qu’Ernest Monis, président du conseil, et Henri Deutsch de la Meurthe ont souffert des blessures diverses. Louis Barthou, ancien président de la commission sportive aéronautique, a mis en cause l’aérodrome d’Issy-les-Moulineaux, terrain malencontreusement implanté dans une cuvette exposée aux remous et bordé d’habitations.

Une enquête dégage bientôt la responsabilité d’Émile Train, reconnaissant son adresse et les qualités de son monoplan, lequel était entièrement conçu avec des tubes d’acier, à l’exception de l’hélice, des patins et des nervures d’aile, ayant fait des essais remarqués au printemps 1910.

Les observateurs, surtout des militaires, apprécièrent la stabilité et l’excellente tenue au vent de cet appareil, capable de voler à 95 km/h et qui, par ailleurs, offrait à son pilote une bonne visibilité tous azimuts.

En outre, les ailes pouvaient être démontées et remontées en l’espace de dix minutes. Séduite par le monoplan, qu’elle avait testé en mars et avril 1911, l’armée en commanda quinze exemplaires, dont plusieurs destinés aux colonies.

train_«3»Malgré ces encouragements, Émile Train perd le goût du pilotage, même si, en août 1911, il participe brillamment au meeting organisé sur le terrain de Champirol, situé sur les territoires des communes de Villars (Loire) et Saint-Priest-en-Jarez, près de sa ville natale, et à Bouthéon dans la Loire. Ainsi, le 16 août 1911, il remporte le prix offert à l’aviateur qui, le premier, survolerait l’hôtel de ville de Saint-Étienne. Parti de Bouthéon à 18 h 17, il y est de retour à 18 h 454.

Malgré avoir perdu le goût du pilotage, il a réalisé encore un appareil, l’avion « 3 » à l’habitacle fermé. Il s’associe ensuite à la société Astra, il crée un hydravion en 1912, mais, l’année suivante, cède son entreprise à Astra, occupant ensuite un poste d’ingénieur chez Nieuport-Astra, mais arrête de travailler dans le domaine de l’aviation.

emile_train_2Il revient à la moto en 1914. Il achète la firme Lurquin Coudert, fondée en 1899. D’abord spécialisée dans la production de moteurs de faible puissance, il passe à la gamme supérieure en 1924 et propose des moteurs de 98 à 995 cm3, mono ou bicylindre en « V », refroidis par air ou par eau, et destinés aux motos, aux canots automobiles ou à l’industrie.

À partir de 1927, il produit ses premières motos complètes, dont la gamme s’étend de 125 à 345 cm3. Il construit aussi des moteurs pour l’agriculture et l’aéronautique.

Il travaille jusqu’à sa mort, en 1939. Il a été inhumé dans le cimetière du centre à Argenteuil (Val-d’Oise).

 

Source : Wikipédia