ÉLISE DEROCHE

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Élise Léontine Deroche, connue sous le pseudonyme de baronne Raymonde de Laroche, première aviatrice brevetée au monde, est née à Paris, dans le quartier du Marais, le 22 août 1882. Décédée à Crotoy le 18 juillet 1919.  

Son père était maroquinier. Jeune femme, elle a commencé une carrière artistique, au théâtre notamment, et a pris le nom de baronne Raymonde de Laroche. Elle s’est consacrée également à la peinture et à la sculpture.

En 1909, les “hommes-oiseaux” étaient les idoles des foules. C'est dans une atmosphère d'exceptionnelle euphorie que Raymonde de Laroche a rencontré Charles Voisin, fondateur - avec son frère Gabriel - de l'entreprise Voisin Frères. Il l’initie au pilotage.  Elle entreprend son apprentissage au camp de Châlons sur un biplan Voisin.

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Le 22 octobre 1909 elle est lâchée seule à bord et le 8 mars 1910, à Mourmelon, elle devient la première femme en France et dans le monde à obtenir le brevet de pilote, le n° 36 de l'Aéro-Club de France.

La première femme qui a quitté le sol à bord d'un “plus lourd que l'air”, puis volé seule à son bord, a été une élève de Léon Delagrange, Mme Thérèse Peltier. Mais le mérite

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d'avoir persévéré jusqu'au brevet, et au-delà, revient à Élise Deroche.

Très sportivement, elle a rivalisé avec ses camarades masculins dans les grands meetings d'aviation. Sa grâce naturelle, son audace et son courage lui conquièrent bien vite la faveur des spectateurs enthousiasmés.

Elle a participé à de nombreux rassemblements aériens, tant en France qu’à l’étranger, comme Héliopolis, Budapest, Rouen et Saint-Pétersbourg, où le Tsar a tenu à la féliciter personnellement. Dans la Seconde Grande Semaine de Reims (1910), elle fait une chute très grave. Bras gauche, jambe droite, cuisse gauche et bassin fracturés.

Douée d'une énergie et d'une volonté peu commune, Élise Deroche, après de longs mois d'immobilisation, veut rattraper le temps perdu. Son sweater blanc d'aviatrice, qu'elle revêt à nouveau en 1911, s'orne de la rosette d'officier de l'Instruction publique, la Légion d'Honneur n'étant pas alors décernée aux aviatrices.

Le 12 septembre 1912, elle est sortie indemne d’un accident d’automobile, où son ami intime Charles Voisin a trouvé la mort au volant d'une Hispano Suiza.

Entretemps, des rivales sont apparues dans le ciel : Marie Marvingt, Hélène Dutrieu, Jeanne Herveux et Jeanne Pallier, entre autres. Chaque année, une émulation sportive s'élevait entre ces amazones de l'air à l'occasion de la Coupe Femina, épreuve de totalisation de distance réservée aux aviatrices. Deux fois, Raymonde de Laroche a enlevé ce trophée très disputé.

Après la guerre, elle a repris les commandes et, à bord d'un petit G. 3, s’est spécialisée dans les vols d'altitude. Le 17 juin 1919, à Issy, elle en bat le record féminin avec 3 900 mètres, mais sa performance a été bientôt surclassée par l'américaine Ruth Law, qui atteint, elle, 4 720 mètres. Aussitôt, la “baronne de Laroche” reprend son titre en s'élevant à 4 800

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mètres. Cet exploit marquera l'apogée de sa carrière, car elle meurt en juillet 1919 au cours d'un vol d'entraînement, sur un prototype Caudron, au-dessus du Crotoy. C’était le pilote Barrault qui était aux commandes de l'aéronef. Soudain, le drame inexplicable. Sur le sable de la Baie de la Somme gisaient deux cadavres.   

Élise Deroche repose au cimetière du Père-Lachaise. Parmi les hommages posthumes, on doit signaler une plaque apposée sur sa maison natale, 61 rue de la Verrerie à Paris ; un timbre de la poste française émis en 2010 avec son effigie et l’indication «première aviatrice brevetée au monde» ; et une statue dans l’aéroport du Bourget.

Par curiosité, on signale aussi que la date de l’obtention de son brevet correspond par hasard à la Journée internationale de la femme  (8 mars).  

Sources : Wikipédia

et http://aviatechno.net/brevets/